Une soirée très intéressante à la maison de l’international à Grenoble  sur « L’Europe après le Brexit «   thème retenu par l’Université populaire européenne de Grenoble (UPEG) avec Vincent Pertusot, directeur de l’IFRI 1Bruxelles où il traite de la défense et de l’avenir de l’Union Européenne, John Tanner, Conseiller municipal d’Oxford, ville jumelée avec Grenoble depuis 1988, Pascal Clouaire Adjoint au Maire délégué à l’Europe.
Plusieurs points ont été abordés au cours de cette soirée sur lesquels chacun des intervenants a pu s’exprimer et donner son ressenti.
D’abord sur les facteurs qui ont conduit au Brexit :
– l’ Europe qui ne va pas bien,
– l’ effacement de l’expression des pro-européens
– la fin du consensus permissif : les citoyens sont  maintenant dans un rapport conflictuel avec les dirigeants nationaux et européens
– la globalisation dont l’Europe apparaît comme responsable
– un pouvoir européen qui est diffus (Etats/Parlement)
– la crise économique et financière qui a frappé les pays européens.
Des facteurs que les états membres n’ont pas voulu voir, ne croyant pas à une sortie de l’UE de la Grande Bretagne et voulant par ailleurs éviter  une contamination à d’autres pays. Néanmoins le débat a franchi les frontières de la Grande Bretagne. Les reproches formulés par la Grande Bretagne comme l’immigration, les normes, la perte de souveraineté,  le sont aussi par d’autres pays européens.
Le Brexit nous en dit long sur l’Europe :
– tendance à considérer que ce qui arrive était écrit. Les britanniques n’ont jamais vraiment été dans l’Europe et cela dès le début,
– tendance à la xénophobie et au populisme qui en réalité est liée à la crise économique,
– élargissement à 28 Etats qui a probablement été trop rapide.
Le Brexit est-il surprenant ? Pas vraiment.
D’abord pour des raisons historiques : Le projet européen était fondé sur la promesse de paix. Ce n’est pas la motivation de l’entrée de la Grande Bretagne dans l’Union Européenne. La situation de la Grande Bretagne au moment de son entrée dans l’Union Européenne n’était pas florissante. La Grande Bretagne a vu dans l’Union Européenne un grand marché, un contrat et pas une communauté de destins. Des raisons géographiques aussi : La Grande Bretagne est une île qui par ailleurs commerce plus avec le reste du monde qu’avec l’Europe.
Les medias britanniques sont dans l’ensemble anti-européens.

La ville d’oxford a voté en majorité pour le maintien dans l’Union Européenne et que les européens continueront à être les bienvenus.
Des secteurs économiques devraient souffrir de cette sortie comme la recherche scientifique, l’agriculture, l’automobile, les universités.

L’Europe est un enjeu de politique intérieur et il est plus rentable aujourd’hui d’être du côté des anti-européens.
La question à se poser n’est pas de savoir si on veut plus ou moins d’Europe mais de savoir ce que nous voulons faire entre européens.
Il faut débattre de l’Europe  mais proposer en parallèle des actions concrètes. Il faut un débat de qualité mobilisant tous les acteurs comme les entreprises, la société civile, l’université) sous peine d’avoir une Europe déconnectée des citoyens.

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La soirée se termine sur les questions du public venu très nombreux. Des questions  qui ont trait aux modalités de sortie de l’UE : mise ne œuvre de l’article 50, négociations bilatérales, hard brexit ou soft brexit…
Pour John Tanner une fois sortie, le  Gouvernement britannique devrait négocier pour garder la Grande Bretagne aussi proche que possible de l’Europe.