Tel était le thème de la visio-conférence organisée par Regards de Femmes, le colloque international en présentiel initialement prévu ne pouvant se tenir en raison de la crise sanitaire.
Marlène Schiappa, Ministre délégué à la citoyenneté» a rappelé en introduction les atteintes aux droits des femmes et les dispositions de la future loi confortant les principes républicains.
Nicole Ameline membre du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes à l‘ONU, observe que si « les progrès sont tangibles les droits ne sont pas consolidés ». Des régressions se manifestent partout dans le monde.
Toutes les religions ont une vision des femmes avec des interprétations à des fins politiques ou de conservatisme social. Ces interprétations sont invoquées par des Etats pour ne pas adhérer à la convention Cedaw.
L’accès des femmes à des postes de décision y compris dans le domaine religieux permettra de contrer cette menace. L’égalité des droits, l’égalité des chances mais aussi l’égalité républicaine doivent être promues pour sortir les femmes de « l’infra-droit ».
L’obscurantisme est un sujet sur lequel « l’expression des femmes doit être une avant-garde ».
Le fondamentalisme est une menace pour les droits fondamentaux des femmes souligne Karima Benoume prix 2019 de la laïcité. Notre soutien doit aller à tous ceux qui luttent contre ces idéologies,  « l’inaction, le manque de clarté et l’aveuglement volontaire » doivent être combattus.
Nina Sankari, Membre fondatrice de la Grève des femmes en Pologne explique que l’église catholique a contribué avec l’Etat à la chute du régime communiste, contribution payée avec les droits des femmes. La Pologne a adopté des législations régressives telles que le catéchisme à l’école obligatoire, le délit de blasphème ou la loi anti-avortement.
La secte Boko Haram née au Nigeria et qui s’est implantée au Tchad rejette l’éducation occidentale jugée illicite et détruit les écoles. Au nom de la religion les jeunes sont conduits à renoncer à l’éducation occidentale, les femmes sont soumises à des contraintes physiques. En tant que combattant les hommes sont valorisés tandis que les femmes sont sacrifiables témoigne Amina Kaya de l’OIFM au Tchad.
La laïcité est le cadre législatif qui garantit l’universalité des droits des femmes. La laïcité, la lutte contre les fondamentalistes ne sont pas uniquement des questions franco-françaises explique Carine Delahaie porte-parole de Femmes solidaires. Les obscurantistes refusent l’éducation des filles.
Plusieurs causes expliquent ces mouvements fondamentalistes. Cause géopolitique d’abord car en 1979 le capitalisme  fait tomber le communisme en Afghanistan avec l’aide des obscurantistes. En France c’est en 1989 l’affaire du voile de Creil. A partir de cette période, relativisme culturel et fondamentalisme religieux s’installent.  Le relativisme culturel est un courant de pensée au même titre que l’universalisme.
Sur le plan social, c’est l’abandon des quartiers, la désertion des services publics.
Les propositions d’actions : soutenir la résilience économiques des femmes et des filles, instruire et donner du sens à la République où il y a  « beaucoup de zones de lumière », promouvoir la sécularisation des instances internationales, imposer la définition de la démocratie comme celle qui respecte les droits des femmes, internationaliser la révolution qui se passe en Pologne.

Pour conclure, le combat pour l’universalisme des droits doit rester notre objectif car il nous protège. Les féministes universalistes doivent s’allier pour porter la laïcité à la française. La France a constitué sur la laïcité un « corpus politique et théorique » lié à l’Etat. Il faut que l’Etat crée un organisme d’influence internationale pour que la France soit entendue. Nous avons un effort à faire pour « désoccidentaliser l’égalité et la laïcité ».
« Citoyens, il faut choisir, se reposer ou  rester libre (Thucydide).