Actualité sociale oblige, ce premier conseil de l’année s’ouvre sur le mouvement social des gilets jaunes, un mouvement de personnes invisibles jusqu’à présent,  qui ébranle les cadres de la vie politique. Ce mouvement exprime une insatisfaction, un sentiment d’injustice dont il faut mesurer la profondeur.
Quels sont les points marquants auxquels il faudra apporter des réponses ? : le travail et le salaire réel à la fin du mois, la crise profonde de légitimité à l’égard de ceux qui nous représentent,  l’écologie même si ce thème est peu présent dans ce mouvement, la justice dans la société, l’Europe aussi qui est un sujet essentiel.
Nous sommes dans un cadre planétaire. Que peut-on faire face aux forces planétaires, aux puissances politiques et financières ? Ce qui se passe aujourd’hui est amorcé depuis 20 ans et le Modem, mouvement humaniste qui a une vision du monde, l’a bien perçu.

Les questions et observations des conseillers nationaux qui vont suivre portent sur des sujets tels que l’emploi en milieu rural, l’aménagement du territoire,  le transport fluvial, les forces de l’ordre, la laïcité et les droits de l’homme, la protection de l’enfance, la bioéthique, la moralisation de la vie publique au niveau européen, l’appauvrissement des classes moyennes, la politique de la ville, la culture, le pouvoir des préfets, l’équilibre des finances publiques, l’insertion des jeunes dans la formation…Autant de sujets qui préoccupent notre assemblée.

Je ferai miens les propos tenus par Marielle de Sarnez en fin de matinée pour qui le mouvement des gilets jaunes n’est qu’une alerte de plus. Il y a déjà eu des alertes au cours de ces dernières décennies. La fracture sociale loin de s’être résorbée s’est accentuée, due notamment  à trente années d’ultra financiarisation de l’économie, à la mondialisation, à une organisation de l’Etat non adaptée et à une ultra-technocratisation. Le grand débat doit réussir. Le Président de la République doit pouvoir mesurer et comprendre ce qui aura été dit ou pas  et  répondre. Un référendum sur quelques questions ne suffira pas au risque d’être « à côté de la plaque ». Il faudra prendre en compte les questions d’organisation sociale,  économique, d’organisation de l’Etat, du territoire, d’architecture des institutions nationales et locales, de pouvoir d’achat, la question peut-être d’un vrai actionnariat populaire demain, celle des services publics. Des réponse à apporter qui seront de court, moyen ou long terme.
Il y a un lien très fort entre le débat et la question européenne. Comment met-on le  citoyen au centre du jeu ? On a assisté à une déviance de la démocratie. Des décisions ont été prises à la place des citoyens. On est dans un temps où il faut porter un ressaisissement national et un ressaisissement européen, remettre au cœur du débat la question de l’intérêt général, national et européen.
« Il faut faire plus de place à la politique en Europe car si l’Europe n’existe pas le monde s’écrira sans nous ».